[communiqué] Dix ans après les événements de 2005...

Dix ans après les événements de 2005, les écologistes! pensent d’abord aux familles de Zyed et Bouna, qui ont vu leurs vies tragiquement bouleversées. Hommage leur soit rendu. Toutefois, les écologistes! invitent à se méfier de l’esprit de commémoration. Celles et ceux qui ont vécu ces événements sont aujourd’hui les acteurs de l’avenir de notre pays au plan économique, écologique, culturel et artistique. Il faut reconnaître la puissance de ces territoires. C’est en banlieue que l’on crée le plus d’entreprises et d’associations. C’est là que s'inventent les nouvelles cultures urbaines et les nouveaux rapports sociaux. Commémorer pour agir c’est bien, mais attention de ne pas enterrer les problèmes et le besoin de reconnaissance des banlieues et quartiers populaires sous une couche trop épaisse de célébrations.

Pour tourner le dos au misérabilisme et à la stigmatisation, il faut regarder les réalités de la périphérie cosmopolite en face. Réalités de territoires pétris de contradictions, d’espoirs et de souffrances, de dynamismes, de solidarité et de violence. Les territoires de banlieues et les quartiers dits en difficultés sont hétérogènes. Il n’y a pas une, mais des réalités. Les pouvoirs publics doivent reconnaître les difficultés et les atouts des banlieues où le vivre ensemble est un engagement quotidien. C’est le travail que mènent Manuel Valls et le gouvernement avec les élus de terrains loin des insultes des années Sarkozy qui voulait nettoyer les cités. Ce faisant il ne fit que renforcer les illusions populistes qui aujourd’hui nourrissent le vote Front National.

 

Les assassinats de Marseille, une fois de plus, révèlent le caractère explosif des territoires où le trafic de drogue sévit et déstabilise le vivre ensemble. Il y a un énorme problème de sécurité et il faut y répondre sans états d’âme. Les forces de l’ordre, les dispositifs resserrés sont indispensables face à la violence.

 

Mais ces événements masquent une autre réalité de la banlieue et des quartiers. Ils sont au cœur du développement de la société du 21ème siècle, des enjeux civilisationnels et des changements nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

En dix ans, du chemin a été parcouru particulièrement grâce à l’Anru. Mais il reste énormément à faire. Poursuite de la rénovation urbaine et construction des logements, transition énergétique, égalités territoriales, fiscalité, finances, transition alimentaire et bio... Les chantiers ne manquent pas pour ces territoires essentiels à la République.

 

Stéphane Gatignon, Maire de Sevran,

Vice-Président et porte -parole de écologistes! - UDE