Normes européennes sur le diesel : le pragmatisme oui, l’abandon des impératifs de santé publique, non.

À la suite de la révélation des tests antipollution truqués sur les voitures diesel, l’Europe abaisse provisoirement ses exigences vis-à-vis des constructeurs : une décision néfaste pour la santé publique et un mauvais signal adressé aux acteurs économiques, estime Écologistes!


La découverte de la tricherie organisée par Volkswagen pour minimiser les émissions polluantes lors des tests réalisés aux Etats-Unis directement sur les véhicules a profondément marqué l’opinion. Il s’agit d’une tromperie caractérisée, qui s’appuie sur l’installation de logiciels destinés à truquer les mesures des émissions de polluants.


Mais ce scandale met également en évidence le caractère doublement artificiel de tests réalisés sous la responsabilité des constructeurs et dans des conditions très éloignées des conditions réelles de circulation des véhicules.


Les autorités européennes ont donc à juste raison décidé de se pencher sur la question de la différence entre les chiffres annoncés à l’issue des tests et les chiffres constatés en condition réelle de circulation.


En décidant de donner deux ans aux constructeurs pour se conformer aux normes dans des conditions réelles de circulation, l’Europe prend en compte une logique industrielle afin que celle-ci s’adapte réellement aux impératifs de santé publique.

Sur le principe, cela peut se comprendre : il ne sert à rien d’afficher fictivement des normes qui ne se traduiraient pas dans la réalité.


Toutefois, les dépassements de normes autorisés dans les deux ans à venir (110% la première année, 50% la seconde) semblent exorbitants : une telle décision constitue une prime au mensonge et à la dissimulation opérés au cours de ces dernières années.


« Même si elle est temporaire, cette autorisation de dépassement apparait clairement excessive. Sous l’effet de mesures fiscales ciblées sur les carburants, d’une pédagogie renforcée sur les méfaits des particules fines émises par le diesel, des efforts d’adaptation des constructeurs pour développer des véhicules plus propres, la proportion de voitures diesel dans les ventes a décru de 78 à 58% en France en trois ans : ce mouvement positif doit se poursuivre. Les investissements européens bénéficient d’ailleurs à cet effort de « dédieselisation » indispensable. Tout signal en sens inverse est contre-productif », estime François de Rugy, président d'Écologistes!