Réaction à l'élection de Trump à la Présidence des Etats-Unis

Ce matin, nous apprenons - sidérés - l'élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis.

 

Cela paraissait inimaginable et c'est arrivé. Aux Etats-Unis, la régression n'est plus seulement une tentation mais une réalité validée par une majorité des électeurs, une courte majorité mais une majorité tout de même.

 

Contrairement à Trump, nous sommes des démocrates. Nous ne contestons pas le résultat des élections. Mais chacun voit bien que ce n'est pas une simple alternance. C'est un choc. C'est un choc sur ce que nous pensons être les Etats-Unis. Nous avons du mal à imaginer que la première puissance du monde, fière d'elle-même (parfois trop à notre goût), choisisse pour président une personnalité qui a tenu pendant toute sa campagne des discours de fermeture et de régression à tous les niveaux.

 

C'est un choc pour nous autres Français qui avons en commun avec les Américains d'être persuadés d'avoir un rôle particulier à jouer dans le monde, un message universel à porter au monde. 

 

 

C'est sans aucun doute un choc à venir pour le monde tellement Donald Trump a annoncé un virage dans la politique internationale des Etats-Unis, recherchant un axe avec la Russie de Vladimir Poutine.

 

C'est un choc probablement pour la société américaine qui n'est évidemment pas d'un seul bloc. Il y a deux Amérique en une comme il y a deux France en une. Nous devons avoir une pensée de solidarité et de soutien à nos amis américains, notamment à toutes celles et tous ceux que Donald Trump a insultés dans cette campagne, à toutes celles et tous ceux qu'il a désignés à la vindicte populaire.

 

C'est un choc pour les écologistes. Donald Trump a fait une campagne à l'opposé des valeurs humanistes que les écologistes défendent. Donald Trump a aussi fait campagne contre l'accord de Paris sur le climat négocié et ratifié par Barack Obama. Donald Trump a clairement annoncé qu'il ferait marche arrière dans la lutte contre le changement climatique. Il s'affirme climato-sceptique et veut relancer les centrales à charbon aux Etats-Unis.

 

Il est trop tôt pour comprendre les ressorts de cette élection de Donald Trump. On peut simplement dire que les Etats-Unis ne sont malheureusement pas un cas isolé. La poussée électorale est forte dans de très nombreux pays du monde en faveur des discours nationalistes de fermeture, d'exclusion, des discours racistes, des discours simplistes, des discours extrémistes. Les crispations identitaires et religieuses sont une réaction à la mondialisation et nourrissent la violence du monde.

 

La France est à la veille d'une élection présidentielle. Cette tentation de la régression existe aussi en France. Elle s'exprime depuis de nombreuses années dans le vote pour le Front National de Marine Le Pen. Cela fait longtemps que ce vote n'est plus seulement un vote protestataire mais aussi un vote d'adhésion à cette vision du monde.

 

Cette tentation de la régression s'exprime aussi dans la campagne que mène Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite. Et s'il y a une leçon que l'on peut tirer de l'élection américaine, c'est qu'une grande partie du résultat final se joue à la primaire !

Que l'on soit électeur, militant ou responsable politique, élu ou candidat, notamment à gauche, nous avons toutes et tous une part de responsabilité. Et notre responsabilité est maintenant de tout faire pour éviter à la France de céder à la tentation de la régression. Rien n'est impossible. Ni dans un sens, ni dans un autre...

 

Et si ce choc provoqué par l'élection de Trump nous sortait de cette forme d'irresponsabilité qui consiste à continuer à faire comme avant. Est-ce que la gauche française continuera à faire comme avant en se divisant, tel ou tel cherchant à jouer avant tout sa carte personnelle ? Est-ce que chaque parti voudra avoir sa candidature à l'élection présidentielle privilégiant le morcellement et la division, préférant la dispersion même si elle doit mener à la disparition ?

 

Est-ce que l'on va continuer dans le déni de réalité sur les évolutions des aspirations politiques des Français ? Est-ce que l'on va continuer à faire croire que des petits calculs permettront de renverser des tendances lourdes ? Ou est-ce que l'on va être capable de se hisser à la hauteur de cet enjeu du choix entre la tentation de la régression et l'espoir du progrès ?

 

Sortons de nos postures, de nos petits calculs et regardons la réalité en face. Les écologistes ont leur part de responsabilité. Ils doivent les prendre. Nous les prendrons.